20 février 2010

Mille jours plus tard

Mille jours après les élections générales organisées en R.D. Congo, je n'ai pas le courage de reposer à mes frères congolais, et tous les prétendus "électeurs" leur sentiment vis-à-vis du scrutin de 2006.
Ma préoccupation actuelle est de les inviter à plus de vigilance car le régime démocratique a ceci de particulier qu'elle ne se résume pas à élire un leader au suffrage universel et lui confier les rennes du pouvoir pour s'enrichir au détriment des masses laborieuses, si pas sur le dos de cet électorat.
La démocratie s'étend à une connaissance et à une responsabilité de notre vie, chaque jour, à chaque instant. On ne peut pas déléguer la qualité de nos vies aux autres sans vigilance et laisser faire n'importe quoi à notre nez. Le pouvoir de contrôle nous revient et nous avons le droit de nous instruire mutuellement sur les aléas du pouvoir en place afin de ne pas sombrer dans le défaitisme.
Moins d'une année nous sépare des prochaines échéances électorales. Il ne faudrait pas que cela nous surprenne comme le jour de la venue du Fils de l'Homme. Il nous faut nous y préparer et de la meilleure façon qui soit.
Le premier scrutin a été placé sous le signe de la surprise et de l'apprentissage de la démocratie. Plusieurs s'y sont livrés uniquement par curiosité, sans rien comprendre des enjeux. Les politiciens, par contre avaient tiré des leçons de la longue transition et ils avaient opté pour les quitte-ou-double. Bon nombre avaient basculé toutes les convictions morales et religieuses au profit des alliances "rentables" et ils ne le regrettent pas - du moins ceux qui avaient "choisi la bonne part".
Aussitôt les serments prêtés, ils n'ont pas hésité un seul instant pour braver les bonnes mœurs : se fixer des émoluments et honoraires à la hauteur de leurs ambitions et jouir des privilèges accordés par le poste près du distributeur de jetons.
Les belles jeeps ont garni les nids de poules et autres pistes de caravanes qui nous servent de routes, provoquant de plus en plus de bouchons même aux heures "creuses". Kinshasa ne connaît plus un seul tronçon qu'on peut emprunter sans risque de croiser une file indienne attendant la libération par le sifflet de l'agent en faction ou du garde-corps d'un haut-gradé ...
Pendant ce temps, le salaire de la Fonction Publique, fixé à un taux qui n'a plus bougé depuis les élections ne représente plus qu'un tiers de sa valeur marchande et fiscale de départ. Rien n'y change quelque chose tant que les "représentants du peuple" peuvent se la couler douce.
Les temps sont mauvais car la crise internationale vient donner la conscience tranquille à ceux qui ne la vivent pas autrement que par la lecture sur Internet et les journaux de haute société. Du coup ils ont des arguments pour emplir l'hémicycle de leur verve oratoire, se faire applaudir frénétiquement pour arracher un brin de popularité et monter les enchères dans les négociations avec le clan.
Moralité : "Exiger la qualité, décoder les abus du pouvoir et les manipulations de nos vies quotidiennes".
Alphonse-Marie B.

Posté par Almabit à 12:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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