20 novembre 2006

Tout refaire

Tout est à refaire. Tout est à recommencer. Non pas le vote et les jérémiades. Non pas les appels au boycott et autres manifestations qui, certes, ont porté des fruits sans vaincre totalement. Mais la vie. Car elle-même, n'est-elle pas un perpétuel recommencement ? Chaque jour, le même nouveau soleil se lève et avec lui, de nouveaux espoirs et une nouvelle bagarre pour la survie.
Qui s'est jamais fatigué de vivre ? Hormis les détraqués et autres pessimistes qui se suicident, tout le monde accepte bon an, mal an, de reprendre le baton de pélerin et repartir pour une nouvelle aventure au lever du soleil.
Notre seul choix pour l'instant est de réinventer la vie et reconsidérer les jeux sur terrain. Il ne s'agit pas d'une simple résignation. J'ai toujours opposé une forte résistance à cette attitude négative. La vie est plus belle que nous ne le pensons. Les échecs sont une occasion de repenser notre action pour mieux nous glorifier au prochain tournant. Les exemples sont légion de ceux qui se sont battus toute leur vie pour une cause. Certains sont même morts sans avoir jamais remporté la victoire. Mais la valeur de leur combat les a introduits dans la légende des grands. Et ils le sont réellement. Point n'est besoin de les énumérer. Chacun en connaît plus nombreux que je ne pourrai en citer.
Nous voulons ralier la multitude à cette conception positive de la vie et du combat afin de nous doter de la force morale nécessaire à l'amorce du nouveau round qui ne fait que commencer.
Tout est à repenser. Si l'imagination s'estompe, alors nous sommes bons pour les homes de vieillards. Mais cela n'est pas mon impression. Les Congolais que je côtoie ne me laissent pas un seul instant l'occasion de les dénigrer ainsi.
Tout le monde pense que le moment est venu de prouver une autre maturité que celle des vulgaires perdiémistes qui se compromettent pour arracher leur pittance. Nous avons tout à préserver qu'à entrer dans la logique des soit-disant vainqueurs d'aujourd'hui.
Ils devraient se gêner d'afficher une quelconque satisfaction devant le silence de la rue. Les Kinois, les Congolais, habitués à exprimer leur joie par des coups de klaxons et autres marches pacifiques, ont plutôt gardé un silence de cimetière. Le jour de la proclamation des résultats, la nuit est tombée plus tôt que d'habitude sur le Congo. Aussitôt après l'audition du message, les gens ont préféré regagner leur lit et continuer la méditation. Alors qu'on craignait le pire, le lendemain, les parents ont gardé les enfants à la maison dans plusieurs quartiers de la ville; mais d'autres estimaient que rien de bien grave ne s'était passé. Tout était prévisible avec les alliances factices du trio "JOKA-azanga-Gizengi" - sic - après le premier tour et son dépouillement fantaisiste. A eux trois, ils totalisaient les 58 % de voix obtenues au second tour par le camp de la honte. On laissait à JPB le loisir de regrouper tout le reste, pour aboutir à ses 42 %. Pourquoi le calotin - honorable, paraît-il - s'est-il donné la peine d'organiser un second tour alors que les résultats étaient déjà façonnés et connus avec ce calcul de chambre ?
Il faut féliciter les théoriciens de cette école pour leur courage. Ils ont tenu promesse, contre vents et marrées. Ils nous ont prouvé qu'un ordinateur ne se trompe que lorsque le technicien appuie sur la mauvaise touche ou qu'un virus l'a attaqué. Autrement, tout marche comme sur les roulettes.
Le match n'a même pas encore commencé, à mon sens. Les joueurs viennent à peine d'endosser leur maillot et l'arbitre n'a pas encore donné le coup d'envoi. On a planté le décor et l'on attend la réaction des acteurs. Pas de précipitation ni de distraction. Rien qu'une vive attention pour déceler le moindre faux pas du camp adverse afin de le frapper de manière décisive à l'instar des "Ninja" qui ne ratent jamais leur cible après l'avoir bien visé durant des heures.
Cela ressemble fort bien à une simple réaction. Que non. Encore une fois, c'est dans la rue que se trouvent les données réelles. Une fois collectées, elles peuvent être traitées - interprétées - manipulées dans un bureau climatisé, à l'aide d'un ordinateur - mondialité oblige ! Inverser la démarche tue. Il ne s'agit pas de réagir mais d'agir en connaissance de cause. En prenant la mesure de nos possibilités et de la résistance éventuelle que pourrait développer l'adversaire.
Il est vrai que l'économie de notre pays ne se construit pas en considérant ses habitants, nos congénères, comme des adversaires. Mais si l'on se trouve en face d'un camp de prédateurs du genre de ceux que nous avons, composer reviendrait à spolier nos propres enfants de tout héritage. Il faut bien s'y opposer pour autant que l'on pense laisser derrière soi non pas une terre brûlée mais un pays plus beau qu'avant.
Bon courage !
Alphonse-Marie


Posté par Almabit à 09:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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