09 mai 2006

Honte au Nègre

La honte qui devrait nous couvrir à la veille de ces élections semble un sentiment inconnu des politiciens congolais. J'entends par politiciens tous ces misérables qui vendent leur âme pour une mie de pain et un logis dans un quartier envié. Ils feraient mieux de chercher de l'emploi ailleurs.

Les journalistes occidentaux qui font l'éloge de la soit-disant nouvelle classe politique n'arrêtent d'ériger un château qu'ils essaient de soutenir avec des supports très puissants : l'argent pour leurs éditions. Que n'a-t-on pas entendu de ces journalistes occidentaux en matière de fabulation ? Ils ont écrit n'importe quoi sur n'importe quel dictateur africain, pourvu que cela leur permette de vendre leur canard à un fort tirage consommé ou brûlé par le destinataire qui rachète toute la livraison.

Je vois encore entre les mains un magnifique bouquin (du point de vue de la forme et de la présentation), le fameux livre sous-titré "dignité pour l'Afrique". Quel en était le tirage ? Et pour quelle fin ? Son prix vaut-il le coût de la réalisation d'un tel ouvrage ? Aucun imprimeur ne saurait tolérer pareil bradage !

L'Occident s'efforce de forger une image d'un Congo à son goût. Il oublie que les réalités du terrain ne riment qu'avec le vécu quotidien des masses laborieuses qui luttent pour une société plus juste. Pour bon nombre de nos "noko", les élections au Congo sont une très bonne chose à encourager. Ils vivent cela à la manière de leurs propres suffrages qui se déroulent dans un contexte de pleine liberté et transparence, quitte aux gens de s'abstenir pour ne pas favoriser le mal.

Au Congo, le scrutin apparaît aujourd'hui comme une fin en soi afin de continuer à jouir de l'impunité et acquérir une légitimité. De la sorte, la communauté occidentale pourrait continuer tranquillement à exploiter le pays, en brandissant le résultat des urnes. Le surarment du pays annonce les couleurs : on s'attend au pire et l'on se prépare en conséquence. Les Latins ne disaient-ils pas "si vis pacem, para bellum" ? Notre paix à nous passe par les armes occidentales.

Ils n'ont pas honte ceux qui clament qu'il faut cette présence militaire pour garantir la paix durant et après les élections. En se rangeant derrière ceux qui peuvent se servir des armes au Congo, ils ne nous évitent pas la guerre mais contribuent plus sûrement à nous intimider et nous dompter pour étouffer dans l'oeuf nos réactions pacifiques et les dénonciations de leurs magouilles. J'en veux pour preuve leur soutien aux résultats tronqués du référendum. Nul ne sait d'où sont sortis les chiffres présentés par la CEI. Les analyses indépendantes ont retenu onze pourcents de taux de participation. Ce qui ne représente presque rien !

Quant aux tricheries relevées pendant les opérations d'enrôlement, elles ont été rejetées en bloc et ignorées lors du dépouillement. Que s'est-il passé pour que plusieurs mois après le référendum, la CEI estime utile de porter plainte contre ces inciviques ? Que dit-on de cette accusation formelle de l'autorité angolaise concernant ses sujets qui ont été obligés de se faire enrôler ?

Les questions soulevées par Ferrela, dans une interview sur les élections en RDC avec la participation du président de la CEI et rapportée à  http://www.voanews.com/wm/voa/africa/fren/fren1900vb.asx sont importantes et ne sont pas les seules. Ses observations rejoignent la motivation première de l'Eglise catholique qui côtoie le peuple et sait ce que celui-ci endure. Un prêtre revenant de l'archidiocèse de Mgr Monsengwo a passé trois nuits dans la forêt et vécu les affres des femmes et jeunes filles violées par des dizaines de soldats, des jeunes gens poignardés sans pitié pour avoir refusé de porter les armes et que sais-je. Il n'est pas facile de se taire après un tel spectacle. Il n'est pas possible d'imaginer que ceux qui entretiennent ces tueries se présentent aux postes pour être élus.

Quelle audace, un individu aux mains maculées, a-t-il de se présenter en pacificateur ? Quel modèle d'homme apportons-nous dans l'histoire de l'humanité ? Que voulons-nous laisser comme image de marque aux générations futures sinon la tradition sanguinaire de tueries pour accéder aux délices de la magistrature suprême.

Félicitation à Ferrela qui a gardé le flair d'un bon journaliste. Les Congolais se souviendront de son bon combat contre toute la clique des journalistes corrompus qui continuent à se moquer de nous, oubliant les revirements que Mobutu et sa caste ont essuyé à la Conférence Nationale Souveraine en dépit de leur argent.

Félicitation à notre ami Tony (www.afrikablog.canalblog.com) pour ses réflexions qui nous rappellent que chaque peuple a ses héros dans le combat pour sa souveraineté. On n'a pas le droit de marcher sur les nôtres en les faisant passer pour de petits leaders claniques. Il n'existe pas une seule province qui n'est pas représentée dans le staff dirigeant de l'UDPS tout comme il n'existe pas de contrée de ce pays où l'UDPS ne compte pas d'adeptes. Honte à ceux qui mènent ce combat d'arrière-garde pour le maintien des seigneurs de guerre à la tête du pays. Nous ne leur cèderons le chemin qu'à coup de crosse et jamais de gaiété de coeur. Et nous nous en irons dans l'au-delà rejoindre nos pères, après avoir mérité leur nom par une lutte sans merci pour la survie de notre nation.

Alphonse-Marie Bitulu www.bitulu.canalblog.com

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